Vous venez de retrouver une ordonnance au fond d’un tiroir. Elle date un peu, mais peut-elle encore servir pour vos lunettes ? Avant de regarder uniquement l’année, il faut vérifier deux choses : votre âge au moment de la prescription et la profession du prescripteur.
Les règles présentées ici concernent les lunettes en France et ont été vérifiées au 7 octobre 2026. Les lentilles de contact répondent à d’autres durées.
Les trois durées à retenir pour une ordonnance médicale
Pour une ordonnance médicale prescrivant des verres correcteurs, le barème est assez simple.
- Moins de 16 ans : 1 an.
- De 16 à 42 ans inclus : 5 ans.
- À partir de 43 ans : 3 ans.
Le point qui peut prêter à confusion, c’est le passage d’une tranche d’âge à une autre. Selon la précision donnée par l’Assurance Maladie, l’âge retenu est celui que vous aviez à la date d’émission de l’ordonnance.
Prenons un exemple. Une ordonnance médicale établie à 42 ans relève donc de la durée de cinq ans, même si vous fêtez vos 43 ans quelques mois plus tard. C’est bien la situation au jour de la prescription qui compte.
Et si l’ordonnance vient d’un orthoptiste ?
Le barème selon l’âge ne s’applique pas à toutes les ordonnances de la même manière. Lorsqu’un orthoptiste établit une ordonnance de verres correcteurs dans le cadre où il est autorisé à prescrire, celle-ci est valable deux ans.
C’est la raison pour laquelle il vaut mieux regarder le nom et la profession du prescripteur, pas seulement la date inscrite sur le document.
Une ordonnance valable peut servir à renouveler vos verres
Tant que l’ordonnance est en cours de validité, elle peut être utilisée pour un renouvellement. Dans ce cadre, l’opticien peut effectuer un examen de la réfraction et adapter la correction si nécessaire, sauf opposition expresse du prescripteur.
Le prescripteur peut également limiter la période durant laquelle cette adaptation est autorisée, notamment en fonction de la situation médicale. Cette restriction concerne alors la possibilité d’adapter la correction ; elle ne doit pas être interprétée automatiquement comme une nouvelle durée générale de validité de l’ordonnance.
Et surtout, un examen de la réfraction réalisé par l’opticien n’est pas un examen médical. En présence d’un symptôme inhabituel, d’une évolution préoccupante ou d’un doute sur la santé de l’œil, la bonne démarche reste de consulter un ophtalmologiste.
Validité et remboursement : deux calendriers différents
C’est là que la confusion est la plus fréquente. Votre ordonnance peut encore être valable, mais cela ne signifie pas automatiquement qu’un nouvel équipement sera immédiatement pris en charge.
En règle générale, le renouvellement remboursable suit les délais suivants.
- Tous les ans avant 16 ans.
- Tous les deux ans à partir de 16 ans.
Des renouvellements anticipés sont prévus dans certaines situations, par exemple en cas d’évolution de la vue ou selon des conditions médicales précises. Mais ils répondent à des règles détaillées : une perte ou une casse ne suffit pas systématiquement à ouvrir une nouvelle prise en charge.
La complémentaire santé intervient également selon les garanties du contrat. Il faut donc séparer trois questions : l’ordonnance est-elle encore valable, les conditions de prise en charge par l’Assurance Maladie sont-elles réunies, et que prévoit la complémentaire ?
Le bon réflexe : conserver l’original
Gardez l’original de votre ordonnance pendant toute sa période de validité. Une photo ou une copie peut être pratique pour retrouver la date, mais le document original reste la référence, notamment si des mentions particulières du prescripteur y figurent.
Avec la date, votre âge au moment de la prescription et la profession du prescripteur, il devient déjà beaucoup plus simple de savoir où vous en êtes.